Article : Comment traiter les documents multilingues ?

Trouver un document réellement bilingue est rarissime, sauf dans le cas simple ou le texte est simplement dupliqué nativement dans 2 langues, auquel cas il suffit de traduire une des deux moitiés de texte.

Par contre il arrive d’être confronté à des documents contenant une langue très majoritaire … et quelques mots d’autres langues.

La langue minoritaire est très souvent l’anglais, car c’est la langue pivot de l’humanité que tout le monde parle à des degrés divers. De plus les pays dont la langue officielle s’écrit avec des caractères non-latins y ont fréquemment recours, y compris dans des documents officiels.

Prenons le cas d’un document globalement en chinois contenant quelques mots d’anglais et examinons les solutions possibles :

Solution 1 : ne pas traduire les mots en anglais, les reproduire tels quels.

Le client peut s’étonner que la traduction ne soit pas exhaustive, surtout si les quelques libellés en anglais étaient enfantins ("name", "birth date", ...).

L’administration destinataire de la traduction en français peut estimer que la traduction qu’on lui soumet n’est pas complète à 100% et la rejeter.

Solution 2 : traduire tout

L’administration destinataire de la traduction en français peut estimer que la traduction n’est pas légale, l’expert en chinois n’étant pas habilité pour l’anglais.

Solution 3 : travail en binôme avec un confrère anglais, chacun fait sa part.

Surcoût pour le client, d'autant plus que si il n'y a que 3 mots d'anglais, le "minimum de facturation" (pour l'envoi, la facturation, ...) va sembler prohibitif.

Problème pour le format final de la traduction en français. Deux traductions séparées, chacune avec le tampon d’un expert, est le plus simple. Mais cela peut être totalement illisible en regard du document d’origine. Une traduction « commune », portant les tampons des 2 experts, pose de nombreux problèmes pratiques de coordination et de mise en page. De plus ce n’est pas dans les usages.

En guise de conclusion

Le "bon sens" peut nous amener à penser que ce choix doit être nuancé selon l’importance et la complexité des mots anglais dans le texte chinois d’origine. Mais comment fixer la limite ? Est-elle fonction de la compréhension de l'anglais de notre expert en chinois, ou bien indépendante car - qu'il ait un anglais de qualité ou pas - ce qui compte c'est qu'il n'est pas assermenté en anglais.

Nous nous sommes mis dans le cas d'un peu d'anglais (que tout le monde parle plus ou moins) dans un texte en chinois. Mais est-il pertinent de faire un cas particulier pour la langue de Shakespeare ? Car si on envisage la présence de quelques idéogrammes chinois dans un texte en norvégien, on va peut être voir les choses différemment.

Enfin, que penser du petit morceaux de texte qui illustre cet article ? Il provient d'un cas réel : un relevé de notes globalement en anglais, avec une phrase en français qui ne pose pas problème, mais un soupçon de japonais, car provenant d'une école de l'empire du soleil levant.

Le débat est ouvert !


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